box office

1

TRANSFORMERS 2 : LA REVA
entrées : 1 115 888 (1 semaine)




2

VERY BAD TRIP
entrées : 402 973 (1 semaine)




3

JEUX DE POUVOIR
entrées : 303 056 (1 semaine)




4

TELLEMENT PROCHES
entrées : 496 176 (2 semaines)




5

LES BEAUX GOSSES
entrées : 614 803 (3 semaines)




6

LASCARS
entrées : 380 416 (2 semaines)




7

TERMINATOR RENAISSANCE
entrées : 1 436 661 (4 semaines)




8

HANNAH MONTANA, LE FILM
entrées : 225 132 (2 semaines)




9

NOTORIOUS B.I.G.
entrées : 74 028 (1 semaine)




10

LA NUIT AU MUSEE 2
entrées : 1 530 301 (6 semaines)

Christophe honore

christophe honore (10 Avril 1970 - )

Les chansons d’Amour, Dans Paris, A ma mère et 17 fois Cécile Cassard dans l’esprit de ceux qui les ont vus, se combinent pour affirmer la gestation d’un auteur au sens le plus plein.

Ce talent fraîchement né s’appelle Christophe Honoré, honoré comme la promesse d’un beau présage pour le cinéma français.


Avec les Chansons d’amour, son dernier métrage, son parcours le mène aujourd’hui presque naturellement à gravir les marches de la plus grande manifestation internationale. L’heure est donc venue pour lui de connaître les affres d’une première compétition officielle que l’on espère n’être pas la dernière, après avoir connu celle plus feutrée d’Un Certain Regard il y a quelques années.

Si cela n’est effectivement pas une surprise de voir sur le Croisette cet homme aux multiples penchants, force est de constater au vu de sa jeune filmographie que l’on peut s’apprêter à espérer beaucoup de ce natif de Carhaix dans le très breton Finistère.

Christophe Honoré, celui qui va compter

Avec quatre longs métrages pour deux sélections cannoises, Christophe Honoré se présente de fait de plus en plus comme le cinéaste français qui va compter. Et ce n’est pas la projection des Chansons d’Amour, son dernier film en compétition officielle, qui le démentira. A l’instar d’un François Ozon dans la décennie qui l’a précédé, il semble que l’on ne puisse rien dire d’autre de ce jeune trentenaire venu au cinéma il y a seulement sept ans. En effet, rares sont ceux qui peuvent se prévaloir d’avoir déjà su convaincre la critique et en même temps rassembler le public autour de films parfois incommodes, souvent déroutants et pourtant particulièrement sidérants.


De même, qui d’autre peut se targuer d’avoir réuni et fait travailler en seulement quatre films, les très exigeantes Béatrice Dalle, Jeanne Balibar et Isabelle Huppert ? Qui peut s’enorgueillir d’avoir assemblé les fidèles Louis Garrel et Romain Duris dans un des plus vivifiants films du cinéma français des dernières années ou les non moins prometteuses Ludivine Sagnier et Emma De Caunes dans ses productions passées ?

Nul autre que lui justement et c’est parce que depuis ses débuts et son entrée en création, Christophe Honoré surprend, étonne et nous incite à le suivre que l’on va revenir sur une destinée à peine esquissée, mais pour l’heure fort prometteuse.

Cinéaste de l’inachèvement et adolescent précocement cinéphile, Christophe Honoré s’impose et se présente autant comme un être d’images que de Lettres. On ne sera pas donc surpris de ses études bretonnes qui combineront parfaitement art de l’écrit et plaisirs de pellicule. Filmant avec régularité le rapport des hommes à l’anomie et à la morbidité, le réalisateur né en 1970 s’inscrit donc dans une veine filmique et littéraire doublement convergente. Ceci fait d’ailleurs qu’il a plus à voir avec l’élève surdoué et polyvalent qui excelle en tout qu’avec le technicien spécialiste.


C’est ainsi qu’avant de s’illustrer en recourant au métrage, il va connaître la reconnaissance par la plume et recevoir les mérites d’un certain succès en écrivant. On le trouvera ainsi référencé aux éditions de L’Ecole des loisirs en Littérature jeunesse pour découvrir qu’à l’instar de ce qu’il proposera quelques années plus tard au cinéma, l’envie est celle de construire et de renouveler, codes, genres et thématiques d’une forme peut-être trop angélique, du moins trop naïvement générique. La publication de Tout contre Léo en 1995 sera sur ce point un tournant et les sujets qu’il aborde demeurent plus que surprenants dans cet univers que l’on qualifie d’enfantin.

Ainsi traitera-t-il du rapport à la sexualité et à ses conséquences dans ce registre particulier qu’est la littérature de jeunesse tout en offrant via le roman, des œuvres destinées à un public plus adulte. L’Infamille en 1997 ou la Douceur en 1999 s’inscrivent dès lors pleinement dans cette perspective de chamboulement. Ses pièces de théâtre semblent poursuivre la même trajectoire, ainsi le dira-t-on de sa pièce Les Débutantes mise en scène en 1998 à l’occasion du off avignonnais ou de la présentation de son Dionysos impuissant, créée cette fois en 2003 et relecture des tragiques antiques.


Le futur réalisateur explore donc avant son premier court-métrage Nous deux, daté de 2000, nombre de voies et de pistes avec une certaine réussite.

Exerçant et installant son sens du récit et de l’analyse à son profit dans l’édition, mais aussi au service d’autres que lui, il participera de fait à d’autres aventures cette fois plus collectives. Il collaborera ainsi au scénario des Filles ne savent pas nager puis il signera moult scénario, de celui du très remarqué Novo de Jean-Pierre Limosin et à ceux d’un appelé de la Quinzaine des Réalisateurs 2007, Gaël Morel.


Cette année, son nom se retrouve donc doublement en compétition, à la fois dans la prestigieuse sélection officielle et au générique d’Après lui au cœur de la plus intéressante des autres sélections parallèles. Mais tout cela ne fait qu’effleurer la personnalité et l’envergure de ce créateur prolifique. Car envisager Christophe Honoré implique aussi de considérer un parcours qui concilie démarche cinématographique et considération critique puisque l’homme fut aussi à l’orée finissante des années 1990, l’auteur dans les Cahiers du Cinéma de textes aussi polémiques que critiques.

Christophe Honoré, l’écrivain, metteur en scène et dramaturge multiplie donc les expérimentations et les audaces pour nous offrir une œuvre protéiforme qui unit et combine le film saisissant à la force écrasante de l’écrit. Il s’impose donc d’emblée comme un auteur entier, aussi singulier qu’atypique, l’un de ceux qu’il faut surveiller et accompagner parce qu’il fait partie des trop rares qui peuvent grandement apporter au renouveau du cinéma français.


Cinéaste pasolinien à ses heures, ce dernier a ainsi le mérite de faire parler et de créer aussi bien du rejet que de l’envie, en osant mêler à l’audace de ses passions, l’exaltation de leurs monstrations, souvent crues et sans apprêts. Capable en effet de filmer aussi bien l’anomie que d’insister sur les figures récurrentes et dévoyées d’une maternité distante ou niée, ses deux premiers films s’écrivent à l’encre de l’excès et de la morbidité, tout en ménageant au spectateur le soin d’être convié à une troublante expérience totale. Expérience aussi bien visuelle et thématique qu’esthétique.

Puis comme une progression vers le romanesque et la distanciation vient Dans Paris. Le récit s’y fait plus léger tout en convoquant là encore les mêmes rapports particuliers à la dépression et au détachement, à l’euphorie extatique, au lien familial et au suicide.


Cinéaste du repli aux constructions elliptiques et richement référencées, sa filmographie s’est donc assagie et enrichie laissant voir l’éclat d’une modernité qu’en France l’on ne lui dispute pas et qui ne se retrouve que dans un seul autre cinéma et une seule autre écriture, celle des nouveaux auteurs libertaires venus des Etats-Unis.

Les Chansons d’Amour, le titre de sa dernière réalisation paraît le porter et le consolider dans cette veine d’une construction aboutie qui dirait l’impossibilité d’être totalement, sorte d’inachèvement et d’incompréhension à être pleinement. Et pourtant dans ses films comme dans celui-ci, se produit toujours cette sidération, celle d’une séduction dans l’instant, sublime et hypnotique, celle qui s’affine en usant du jeu sur les formes et motifs ou l’emploi de la musique.


Ainsi alors que l’on n’oubliera pas Dans Paris, réunion de deux des plus intéressants talents masculins de notre temps sur fond de Nouvelle Vague, l’heure est venue de se laisser prendre par le charme exaltant de ses dernières Chansons d’Amour et de mesurer l’apport du très espéré Christophe Honoré à notre industrie cinématographique.

Site officiel de Christophe Honoré

Filmographie

2001 - Nous deux (court-métrage)
2002 - Campagne d'incitation au dépistage du SIDA
2002 - Tout contre Léo (téléfilm censuré)
2002 - 17 fois Cécile Cassard
2004 - Ma mère
2006 - Dans Paris
2007 - Les Chansons d'amour


Film par Réalisateur