Sam raimi

sam raimi (23 Octobre 1959 - )

Il est l'un des tous meilleurs représentants d'un cinéma irrévérencieux, déjanté, pas politiquement correct du tout et bien gore.

Sam Raimi est depuis longtemps un réalisateur que l'on attend avec gourmandise, parce que ces films sont une promesse, un divertissement de qualité, une mise en scène originale et raffinée qui ne se prend jamais au sérieux, qui ne sombre jamais dans le travers démonstratif d'un exercice de style superflu.

Avec la trilogie culte des Evil dead, il rendait ses lettres de noblesse au cinéma d'horreur dont il revisitait avec humour mais aussi un profond respect, les grands poncifs. On est ici bien loin du cynisme opportuniste de Wes Craven dont le Scream est une parodie qui toise et méprise ces petits bijoux de mise en scène qui ont finalement fait date (dans la droite lignée de La Nuit des Morts vivants). Tout en jouant la carte -jouissive- du retour aux grandes références, avec une histoire totalement cliché, Raimi inaugurait avec Evil Dead, une trilogie en forme d'hommage à un cinéma de genre sans concession qui a marqué les année 70 en lui injectant également une bonne dose de gore et de fantaisie (mais sans moquerie). Cette légèreté et le respect de ses influences et de la lignée dans laquelle il s'inscrit se retrouvent totalement dans les Spider-man. Profondément respectueux de leur matériau d'origine (la BD de Stan Lee) mais aussi discrètement irrévérencieux puisqu'il se fonde sur un anti héros total.


HOMMAGES RESPECTUEUX ET AUDACIEUX

C'est le cas du premier Evil Dead en 1982, où une bandes de jeunes inconscients et passablement décérébrés, va passer un moment dans une cabane paumée au fond des bois. Bien sûr ils sont loin de tout et débusquent dans le sous-sol un vieux magnéto où un précédent locataire parle d'un esprit maléfique dans la forêt qu'il a réveillé à cause d'une incantation qu'il ne faut surtout pas prononcer. Bien sûr, les jeunes mâles hâbleurs et abrutis de testostérone vont s'empresser de le faire. On est toujours mortifiés par la sottise confondante des héros de films d'horreur qui malgré tous les signes qui feraient tourner les talons à n'importe quel être normalement constitué, s'entêtent à leur projet de départ. Ce qui d'ailleurs a entraîné la dérive parodique et méprisante que certains cinéastes ont usé jusqu'à la moelle dans les années 90 avant de revenir aux fondamentaux (l'efficacité brute de 28 jours plus tard ou de The Descent).

Si les héros sont volontairement caricaturaux, la tension elle ne l'est pas, la menace est bien réelle et oppresse le spectateur dans un sentiment de claustrophobie, d'enfermement. Raimi déploie une mise en scène magistrale avec très peu de moyens sur le premier volet. On se souvient des moments en caméra subjective qui menacent les proies de l'esprit malfaisant, de cette scène absolument casse gueule et pourtant authentiquement effrayante où une jeune fille se fait agresser et quasiment violer par la forêt.


En jouant à la fois sur le caractère rebattu et presque cliché de la situation, s'autorisant à montrer des monstres presque comiques murmurant d'une voix enfantine et stridente « we re gonna get you », mais en ne traitant jamais son sujet de haut et en entretenant la peur du spectateur avec des scènes d'une rare violence (les yeux crevés...), en jouant sur les peur enfantines et en les intégrant parfaitement à sa mise en scène (la peur du noir, celle de se retrouver en milieu inconnu et hostile), Raimi immerge dans cet univers, compensant ses petits moyens (la décomposition cheap des créatures à la fin du premier volet), par une audace et une inventivité de mise en scène (car peu à peu le point de vue de la caméra même devient menaçant).

Il vivifie avec une belle irrévérence et une belle absence de compromis, le film de genre, d'horreur, de gore, quelle qu'en soit l'appellation, qui inspire un profond respect plutôt qu'un ricanement facile, cynique et moqueur. Il fait aussi de son acteur Bruce Campbell un véritable icône, que je vous invite à redécouvrir dans le récent Bubba Ho Tep, sommet d'irrévérence et grand moment de cinéma déjanté, digne héritier du troisième volet de Evil Dead, qui plongeait avec maestria son héros à l'origine de la malédiction, à l'époque arthurienne, lui faisant combattre des squelettes. Dit comme ça, ça paraît improbable, je le concède. Pourtant, Sam Raimi ne s'est jamais départi au fil de cette saga d'une profonde intégrité artistique. D'accord, c'était drôle. D'accord, c'était provocateur. Mais jamais ce ne fut cynique, méprisant, putassier, racoleur et toujours la mise en scène fut maîtrisée, même aux confins de la parodie. Pour dire les choses: on ne se foutait pas de la gueule du monde.


Même en ce qui concerne un film aussi inégal que Mort ou vif (avec Sharon Stone) où le cinéaste livrait une interprétation du western, on retrouve sa virtuosité de mise en scène, un beau suspense et une belle tension lors des duels, et aussi un sens certain du second degré. D'ailleurs, ce film ne mérite pas totalement l'opprobre qui le frappe. Il est certes mineur, mais il est sympathique. On pourra certes objecter qu'Impitoyable de Clint Eastwood a livré du genre une vision apocalyptique et un hommage autrement plus somptueux au genre, à ses influences et à sa violence (Ford, Leone, Siegel) en 1992. Il est certain que ce film ne soutient pas la comparaison et rappelle fort de surcroît, ce grand classique. Cependant, on y retrouve les qualités constantes de Raimi le cinéaste malgré un scénario totalement artificiel et bourré de clichés, ainsi que son héroïne improbable. Ce n'est pas le marasme qu'on a dit, grâce à sa mise en scène et à sa belle galerie de seconds rôles (dont le monumental Gene Hackman, Leonardo DiCaprio, Russell Crowe et j'en passe). On note également une constante de Sam Raimi: il rend hommage à ses références (ici le western spaghetti), avec une histoire assez convenue, mais une manière et un style qui lui sont personnels.

LE COTE OBSCUR DE LA FORCE

Avec Darkman, Raimi expose une vision très noire du super-héros. C'est une histoire de vengeance, une vendetta, celle d'un chercheur (joué par l'excellent Liam Neeson) qui a été défiguré par des malfrats et qui est devenu insensible à la douleur à la suite de brûlures graves. Il est également doté d'une force exceptionnelle. Il a découvert un procédé lui permettant de reconstituer le visage ou les parties du corps d'un homme à partir d'une photo ou d'une sorte de scan. Mais ces masques sont éphémères et ne durent qu'une journée avant de se décomposer. Il va se servir de son invention pour se venger impitoyablement de tous ceux qui lui ont nui et se faire reconnaître de sa bien-aimée qui le croit mort (Cette dernière est incarnée par Frances MacDormand, on retrouve ici la connivence de Raimi avec l'univers des frères Coen dont elle est l'actrice fétiche).


Il s'agit là d'un film assez violent dans l'idée, rappelant assez peu la légèreté de Spider-man mais plutôt les tortures des personnages brisés de Frank Miller ou d'Alan Moore. Le professeur Westlake défiguré et tourmenté n'a rien d'un justicier altruiste oeuvrant pour le bien de ses concitoyens, même si, la finalité de sa vengeance dénoncera un univers corrompu. Pourtant il est dominé par un besoin de vengeance impitoyable et un besoin à la fois compréhensible et égoïste de reconquérir sa vie, dans une problématique que l'on devinera de nouveau dans l'indécision de Peter Parker au second volet de ses aventures sur toile, dans son aspiration à regagner la norme. La destinée du super-héros est dominé par le cette problématique: le bonheur commun lui est devenu inaccessible et un traumatisme originel le transforme en paria. Darkman en est l'expression la plus directe et la plus sombre.

L'univers de Sam Raimi, d'Evil Dead à Spider-man, est souvent dominé tout à la fois par le surnaturel et la défiance qu'on en a, sa part d'ombre inquiétante. Qu'il le traite avec fantaisie, humour ou gravité, c'est toujours là dessus que s'arrête le cinéaste. Le film qui adopte cette problématique de la manière la plus manifeste est le très bon Intuitions (the Gift) avec Cate Blanchett. Car le pouvoir de divination de l'héroïne, Annie Wilson, est là encore une malédiction plutôt qu'un don. Elle se met en danger quand elle l'exploite, s'en sert, devient la proie d'un jeune garçon perturbé, bienveillant avec elle mais totalement psychotique. Elle s'attire les foudres et les menaces d'un mari violent dont elle connaît la femme et à qui elle tire les cartes. Elle a aussi des visions qui l'amènent à se mêler d'un meurtre commis dans la région pour lequel la police a fait appel à ses services, avec la réticence et le mépris incrédule qui va avec. Elle ne demande rien à personne et devient la cible de tous, y compris de ses prémonitions qui la torturent plus qu'elles ne l'apaisent. S'attirant également l'hostilité des braves gens, elle doit faire profil bas et avoir presque honte de son don, vivant un peu à part, presque coupable de tout ce que les autres ne sauraient comprendre. On peut dire que ses intuitions lui pourrissent l'existence. Annie est pourtant dominée par sa générosité, le temps qu'elle accorde aux autres, ce qui la rapproche des héros altruistes. Mais elle ne récolte que très peu de lauriers et beaucoup d'incompréhension.


Sam Raimi retrouve ici un peu des moments d'épouvante d'Evil Dead, dans sa manière très naturaliste et maîtrisée d'installer la tension (jouant beaucoup sur la lumière, la soudaineté de plans qui font sursauter, un montage à la fois fluide et parsemé de ruptures, d'irruptions soudaines). Il exploite ici toute l'inquiétude et l'anxiété propre à son héroïne, sans la dérision qui le caractérise assez souvent. Elle est traquée et Sam Raimi sait traduire cela mieux que personne. Dans la soudaineté glauque avec laquelle ses prémonitions s'imposent à elles, dans son absence de fioritures pour montrer la violence. On retrouve le côté brut et rugueux d'Evil Dead. Intuitions est une grande réussite et un film marquant dans la filmographie de son réalisateur, par l'efficacité et la maîtrise de sa mise en scène directe et simple (entre deux Spider-man plus luxueux) et dans l'interprétation parfaite est nuancée de Cate Blanchett.

SPIDER-MAN : LA NOBLESSE DU DIVERTISSEMENT

On a vu avec la trilogie Evil Dead, que Sam Raimi était un cinéaste pétri de références et qui s'employait à leur rendre hommage avec brio (un peu à l'image de Tarantino). Quelqu'un qui s'amuse du cinéma et qui en respecte des aspects trop souvent toisés par les cinéphiles académiques. Pendant longtemps, les comics furent considérés un peu à l'image du cinéma de genre ou des jeux vidéos : quelque chose d'un peu violent, un peu simpliste et surtout réservé à un jeune public inculte. Les tenants de la grande culture respectable et conservatrice se drapaient d'une vertueuse irritation à la moindre allusion à cette sous-culture qui ne méritait aucun crédit et juste un silence méprisant ou un mot condescendant, lapidaire et assassin de préférence. Bref, le bon goût officiel, la cinéphilie de bon ton verra toujours dans ces films des choses de peu d'importance, qu'il faut tolérer avec une indulgente mansuétude. Comme ces horribles délires spatiaux Star Wars, Superman ou cet archéologue totalement improbable, vous savez, Indiana Jones et autres fariboles... tout ça n'est pas sérieux !


Pour quelqu'un comme Sam Raimi, ça l'est. C'est ainsi qu'il renouvelle le genre à l'orée des année 2000, à l'heure où Batman avait sombré chez Joel Schumacher, où l'on désespérait d'assister à la résurrection de Superman, où les X-men étaient apparus sur grand écran comme un bel avant goût sous l'oeil de Bryan Singer, tout cela allait changer avec la première adaptation habile et fraîche de Spider-man vu par Sam Raimi. Le vent allait définitivement tourner.

Donc Spider-man revient. On se souvient des génériques issus de l'enfance, de dessins animés bien fichus mais trop courts, et bien sûr de la grande B.D originale de Stan Lee qui posait les fondements du mythe. On ne sait pas trop à quoi s'attendre. Peut-être une audace à la Tim Burton se réappropriant Batman, peut-être l'un de ces affreux films estivaux, ces blockbusters dont les seuls arguments sont les effets spéciaux dont la volonté est de faire pleuvoir les billets verts. On peut aussi souhaiter de l'humanité, de l'identification, et soyons fous, des personnages attachants et une histoire pleine d'inventivité, on peut rêver non? Oui on peut. Sam Raimi est là derrière la caméra. Investi, totalement passionné, respectueux de son matériau d'origine et le faisant sien, avec cet acteur Tobey Maguire, qui ressemble à pleins d'ados complexés et qui n'a rien d'un Terminator surgavé d'anabolisants. Et le film commence comme un teenage movie, léger. Peter Parker est le « nerd » de la classe, l'intello qui n'a pas d'autre ami qu'un gosse de riche austracisé lui aussi, et amoureux d'une fille qui ne le remarque pas et à qui il ose à peine adresser la parole. Un mec normal, limite loser. L'ado classique que nous avons tous pu être. Et puis lors d'une sortie scolaire (presque une excursion au planétarium comme dans la Fureur de vivre), l'accident bête: une araignée génétiquement modifiée le mord et lui transmet ses caractéristiques. Tout commence alors.


Raimi choisit d'axer son film sur ce héros proche de nous plutôt que son aspect surnaturel, de manière à favoriser une identification galopante. C'est même le coeur de ce premier film, passant même avant la confrontation avec le bouffon vert. Le film, à la différence de beaucoup d'aventures de super-héros est centré sur les tourments adolescents de Peter Parker, à l'âge où tout est bouleversé plutôt que sur sa confrontation avec un ennemi (ce qui est original poussé à ce point). Spider-man devient une métaphore de l'adolescence. La jeunesse qui découvre ses possibilités, qui espère en l'avenir, qui découvre l'amour et surtout qui connaît ses premiers deuils quand l'univers qui vous entoure perd son caractère insouciant et immuable, quand la responsabilité naît, quand chacun de nos choix, comme le dit son oncle, commence à esquisser l'homme que nous allons devenir. Le film est le récit de cette métamorphose.

Bien sûr nous avons les scènes d'actions, brillamment réalisées, les moments jouissifs où Spider-man vole d'immeubles en immeubles, le montage efficace, les combats spectaculaires, l'humour de Sam Raimi qui convient si bien à l'univers du comics, ce blockbuster -puisque c'en est un- a ce petit quelque chose de plus dont l'univers mercantile de l'industrie hollywoodienne est trop souvent dépourvu, l'intégrité et la sincérité de son réalisateur et une mise en scène qui lui donne une âme. Alliant le fun le plus total de son sujet à l'émotion, notamment à la mort de Ben Parker ou à l'ultime scène de Norman Osborn rongé par le Bouffon vert, l'oeuvre trouve un équilibre idéal et une personnalité que l'on trouve rarement dans un film destiné à conquérir un large public. Grand spectacle ne rime donc pas toujours avec pauvreté scénaristique, point de vue sans imagination et histoire simplette.


Le second volet pousse la crise existentielle plus loin, et même Doc Ock, la nemesis de Spider-man y gagne une profondeur et une complexité inattendue, grâce à l'excellent Alfred Molina. Dominé par le questionnement sur sa mission, beaucoup moins altruiste qu'on pourrait s'y attendre, Peter Parker devient un jeune homme qui veut vivre sa vie et s'émanciper de son pouvoir, arrêter d'assumer une charge trop lourde pour lui. Après avoir été traumatisé par la mort de son oncle dans le premier volet, ce qui l'a poussé à épouser sa mission et son destin, le voilà déstabilisé et déprimé.

C'est ici d'autant plus manifeste que le docteur Octavius et lui ont une complicité instantanée à leur première rencontre, alors que le grand scientifique n'est pas encore submergé par la démence de ses huit bras, sa création. Parker est rongé lui aussi par son double, jusqu'à ce que cette dualité soit explicite dans le troisième volet où il se laisse submerger par Venom, la tentation maléfique et la volonté de puissance de Spider-man. Tout comme Bryan Singer l'a fait avec X-men, Raimi s'interroge sur la marginalité qu'entraine la découverte de pouvoirs hors du commun, qui deviennent comme dans Intuitions, plus une malédiction et un fardeau qu'autre chose.


Il allie cette gravité là, cette réelle inquiétude du personnage avec des moments presque burlesques : quand Spide-rman perd ses pouvoirs en plein vol et qu'il est contraint de prendre l'ascenseur, quand Peter Parker est présenté en retardataire maladroit et irrécupérable, insistant sur ses mésaventures souvent amusantes et aux confins du ridicule. Ce cocktail savamment dosé entre la tension, la gravité et même parfois l'horreur (lorsque le Doc Ock se réveille furieux sur la table de chirurgie et déchaîne ses terribles bras dans une scène à la violence brute rappelant Evil Dead) avec la dérision la plus totale (Tobey Maguire devient même chaplinesque parfois, lorsqu'il répare son vélo, trébuche, ou se fait houspiller de toutes les manières imaginables).

On retrouve ce montage rythmé et maîtrisé, cette histoire qui s'installe solidement, qui n'est pas prétexte aux batailles épiques et aux images de synthèse mais en renforce l'impact et les justifient totalement. La scène de la confrontation entre Doc Ock et Spider-man sur le métro aérien de New York est aussi fun que dramatique, puisque Peter Parker accepte enfin son sacrifice au service du bien commun pour lequel il se bat jusqu'à être épuisé. Spider-man 2, jusque dans l'amour tourmenté entre Peter Parker et sa Mary Jane est juste en tout. Il demeure un modèle d'équilibre et il est un sommet du genre.


En abordant l'homme-araignée, Sam Raimi déploie l'ampleur et la variété de son talent, à la fois dans sa maîtrise de la mise en scène et dans l'équilibre idéal entre légèreté, fun et profondeur, qu'il a su trouver avec ces films. Le troisième volet devrait confirmer encore que les aventures de super-héros n'excluent ni la maturité, ni la noirceur même s'ils conservent leur caractère de divertissement jouissif.


On peut craindre toutefois que le réalisateur se laisse enfermer dans la logique d'une série lucrative et prenne le risque de la redondance, alors qu'un Spider-man 4 apparemment toujours dirigé par lui est déjà en préparation. Il ne faudrait pas qu'il devienne le réalisateur d'une grande saga, que son caractère inventif, irrévérencieux et iconoclaste soit réduit à une série de grosses productions, comme ce fut le cas de George Lucas avec Star wars. Raimi doit demeurer le réalisateur inventif, audacieux et génial de petits films de qualité, des pépites comme Intuitions à la trilogie culte Evil Dead. Il ne faudrait pas que cet aspect de son talent soit submergé par le très grand succès des Spider-man.


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